BOIS


BOIS
BOIS

Le bois est un tissu végétal – xylème – dont le rôle a toujours été capital dans l’histoire de l’humanité. C’est, dans la plante vivante, un tissu conducteur de sève brute, dont les membranes incrustées de lignine jouent un rôle de soutien. La lignine est, de toutes les substances que crée la vie, la plus répandue sur le globe.

Le bois en tant que tissu conducteur ne se rencontre que dans des plantes à organisation déjà évoluée, qualifiées de vasculaires. Il manque dans certaines plantes primitives comme les Algues ou les Champignons.

En tant que matériau, le bois provient du tronc des plantes arborescentes gymnospermes et angiospermes dicotylédones, qui renouvellent chaque année leur tissu conducteur lignifié. Les «formations secondaires» apparaissent en couches successives (cernes) sur la coupe transversale du tronc, en dessous de l’écorce. Dans le cas des Angiospermes monocotylédones arborescentes, comme les palmiers, le tissu conducteur du tronc ne forme pas de couches annuelles concentriques, mais avec des modalités de croissance différentes il constitue un matériau qu’on assimile au bois.

1. Structure

Origine

Le bois secondaire compose généralement, dans les tiges ou racines des plantes vasculaires (un grand nombre de Ptéridophytes et les Monocotylédones mises à part), un cylindre régulier lignifié formé à la suite du fonctionnement d’une assise cellulaire, génératrice, périphérique, peu épaisse, à parois cellulosiques, appelés cambium . Son fonctionnement est peu connu. Ce tissu embryonnaire est le siège de divisions cellulaires qui épaississent la tige dans deux sens opposés et avec des différenciations membranaires chimiquement et morphologiquement différentes. Vers l’extérieur, il donnera les cellules sériées à parois cellulosiques du liber secondaire, elles-mêmes entourées par des tissus vraiment corticaux d’origine différente. Le tout forme ce qu’on appelle, de façon impropre, l’«écorce» de l’arbre. Vers l’intérieur, le cambium donne naissance à un tissu lignifié également sérié, le bois secondaire qui joue dans la plante un rôle de conduction et de soutien.

Les agencements cellulaires qui résultent de cette activité cambiale sont très variés et il y a autant de plans ligneux différents que d’espèces botaniques. En outre, le bois présente des variations de structures au sein d’une même espèce, suivant le niveau dans la plante et suivant l’environnement écologique. Une identification botanique correcte de la plante qui a donné le bois a une extrême importance, car elle permet de déterminer les caractères pratiques du bois.

Les artisans qui utilisent ce matériau peuvent fournir des déterminations botaniques, mais limitées au nombre obligatoirement restreint des essences couramment utilisées. Il faut toujours recourir à l’observation microscopique pour faire une expertise.

Anatomie

L’identification microscopique d’un bois exige la définition des divers agencements cellulaires tels qu’ils apparaissent suivant trois plans différents (cf. figure):

– le plan transversal, perpendiculaire à l’axe du tronc;

– le plan vertical radial, passant par l’axe;

– le plan vertical tangentiel, passant à une distance variable de l’axe.

Une jeune tige comprend, en son centre, une moelle qui disparaît souvent dans les organes âgés; autour d’elle se déposent les zones concentriques d’accroissement du bois, les anneaux ligneux ou cernes, habituellement annuels dans les régions tempérées. Ils sont constitués par des cellules plus ou moins effilées, différenciées à partir du cambium, que le plan transversal coupe en travers. Les unes ont de grandes ouvertures cellulaires (il s’agit du bois initial ou bois de printemps dans les régions tempérées), alors que les autres, en fin de cernes, ont des ouvertures étroites et des parois plus épaisses (c’est le bois final ou bois d’été, ou bois d’automne dans les régions tempérées). Dans une tige âgée, il faut distinguer l’aubier , bois physiologiquement actif, perméable aux substances, moins dense, moins résistant, de couleur pâle et le duramen (bois parfait, bois de cœur) qui est un tissu mort, plus foncé, placé au centre du plan ligneux transversal. Le vieillissement d’un tronc se traduit par la transformation progressive de l’aubier en bois de cœur (duraminisation): l’amidon disparaît et des substances variées (gommes, tannins) se déposent dans les parois cellulaires. L’étendue relative de ces deux tissus varie dans une même espèce avec l’âge et d’une espèce à l’autre. Les cellules conductrices verticales que le plan transversal coupe en travers sont rassemblées par des éléments cellulaires allongés horizontalement et qui forment les rayons ligneux .

Le plan longitudinal radial, passant par l’axe, contient, suivant leur longueur, les rayons ligneux disposés horizontalement. Ces rayons sont disposés perpendiculairement aux éléments conducteurs verticaux et ils contribuent à augmenter la résistance mécanique de l’ensemble. Dans le plan radial surtout, on rencontre des interruptions partielles de la paroi épaissie des cellules conductrices. Ces interruptions sont désignées sous le nom de ponctuations . Elles garnissent aussi bien la paroi radiale des éléments verticaux, qui se trouvent alors solidement mis en communication, que les parois latérales des rayons ligneux. Ce sont, dans ce dernier cas, des ponctuations plus petites, d’un autre type, qui mettent en relation, dans les champs de croisement , les cellules ligneuses verticales et les cellules horizontales des rayons ligneux. Les ponctuations de champs peuvent être simples ou aréolées.

Le plan ligneux tangentiel coupe transversalement les rayons ligneux et suit toujours le trajet longitudinal des éléments verticaux.

Bois homoxylés et hétéroxylés

Les bois de Conifères, comme ceux de toutes les Gymnospermes, sont constitués par des cellules verticales à ponctuations aréolées, appelées trachéides. On retrouve de tels éléments cellulaires effilés et ponctués dans de nombreuses espèces d’Angiospermes dicotylédones (ex.: chêne), alors que dans des espèces plus évoluées comme les Légumineuses les ponctuations aréolées sont remplacées sur les fibres par des ponctuations simples. Ces fibres ligneuses sont alors dites simpliciponctuées. Les plans ligneux dans lesquels les éléments cellulaires sont seulement ponctués et toujours imperforés sont dits homoxylés . Dans la plupart des bois d’Angiospermes dicotylédones, dits hétéroxylés , l’interruption de la paroi des éléments conducteurs est, dans certaines cellules conductrices, plus complète et, en plus des ponctuations, on trouve à leurs extrémités des perforations, qui sont de véritables trous de la membrane. De tels éléments perforés sont appelés vaisseaux vrais. Ils sont généralement dilatés et forment les pores de la coupe transversale.

Le problème de l’identification d’un bois

Perspectives

La classification des espèces feuillues est fondée sur la fleur. Or, les coupures créées avec cette partie de la plante ne correspondent pas toujours à celles que le bois permet d’établir. Pour déterminer les plans ligneux vivants ou fossiles avec rigueur, il faut donc étendre les comparaisons à la totalité des bois déjà décrits. C’est alors qu’on se heurte à leur grande variété dont il faut tenir le plus grand compte. En effet, des plans ligneux appartenant à des espèces éloignées dans la classification sont parfois identiques, alors que les bois d’une même famille peuvent être très différents. De plus, certains bois deviennent difficiles à identifier, en raison du très petit nombre de caractères significatifs qu’ils présentent.

Les recherches modernes sur les bois hétéroxylés des feuillus doivent en premier lieu débuter par une codification stricte des différents caractères pour permettre ensuite, en étudiant leurs combinaisons, une identification rapide et plus rigoureuse des espèces à l’aide d’un ordinateur. Les caractères seront l’objet d’une désignation numérique à la suite de multiples observations, notamment sur la répartition géographique des espèces, sur les différents caractères microscopiques des éléments cellulaires (pores: répartition, ponctuations, perforations, épaississements; parenchyme vertical et rayons; fibres, etc.), sans oublier la couleur et la fluorescence du bois, ainsi que les divers contenus cellulaires sécréteurs ou non, les cellules à latex, à tannins, à cystolithes, à thyllose, à cristaux aux formes variées. Ces inventaires doivent, pour une plus grande précision, être complétés par des données quantitatives permettant de définir par la méthode biométrique chacun des caractères biologiques pris en compte.

Rôle physiologique

Les ponctuations aréolées placées sur les éléments conducteurs jouent un rôle important dans la conduction des substances nutritives liquides. La membrane obturante amincie, possédant des pores de 0,1 猪 entre ses fibrilles, sert d’ultra-filtre. Lorsque le torus, partie fréquemment épaissie de cette membrane obturante, s’applique latéralement sur l’ouverture de la ponctuation, les substances ne passent plus. Il en résulte que des relais s’établissent dans toute la hauteur de l’arbre et que des liquides peuvent y atteindre des hauteurs importantes allant, dans certains cas, jusqu’à plus de 100 mètres, c’est-à-dire bien supérieures à celles qui résulteraient de la simple intervention de la pression atmosphérique ou des phénomènes de capillarité. D’autre part, les cellules conductrices, qui sont le plus souvent des cellules mortes, sont généralement accompagnées de cellules de parenchyme vivantes dont le rôle est important dans la migration des substances liquides.

2. Caractéristiques physiques

Au point de vue physique, le bois est caractérisé: par son degré d’humidité , c’est-à-dire par le pourcentage d’eau qu’il contient dans ses cellules; par sa densité , variable avec le degré d’humidité, et qui s’exprime pratiquement par le poids au mètre cube; par sa rétractibilité , c’est-à-dire la propriété qu’il a de diminuer ou d’augmenter de dimensions lorsque son degré d’humidité varie.

Le bois et l’humidité

On appelle humidité ou degré (taux) d’humidité d’un bois la quantité d’eau qu’il renferme, exprimée en pourcentage de son poids à l’état anhydre.

Le bois sur pied ou venant d’être abattu (bois vert ) renferme une quantité d’eau considérable, son degré d’humidité peut dépasser largement 100 p. 100. Cette teneur en eau dépend de l’essence, de la saison, de la partie de l’arbre que l’on considère. En général, la teneur en eau est maximale dans les racines, moindre dans les branches, minimale dans le tronc. L’aubier en contient plus que le cœur chez les résineux, à peu près autant chez les feuillus.

Quand on laisse le bois à l’air, l’eau qu’il contient s’évapore lentement par la surface extérieure, tandis que l’humidité de la partie interne émigre vers la partie externe.

Partant du bois vert , ou du bois imbibé d’eau, on arrive par séchage progressif aux stades successifs marqués par les taux d’humidité suivants:

– vers 30 p. 100: bois saturé ;

– entre 30 et 23 p. 100: bois «mi-sec» (en termes de métier: bois ressuyé);

– entre 22 et 18 p. 100: bois commercialement sec (c’est-à-dire considéré comme suffisamment sec pour faire l’objet de transactions commerciales);

– de 17 à 13 p. 100: bois sec à l’air ; sous nos climats, le bois exposé à l’air finit par atteindre ce stade d’équilibre au bout d’un certain temps, variable suivant la nature de l’essence et l’épaisseur des pièces; il passe de 17 p. 100 dans les mois humides à 13 p. 100 dans les mois secs et chauds; l’humidité moyenne, 15 p. 100, est l’humidité dite normale dans nos régions;

– au-dessous de 13 p. 100: bois desséché ; ce stade ne peut être atteint dans nos régions que par séchage artificiel ou par entreposage dans un local sec et chauffé.

Enfin, par passage à l’étuve à 100-110 0C jusqu’à poids constant, on obtient la disparition complète de l’eau contenue dans le bois et on arrive à l’état: 0 p. 100 bois anhydre , état instable et atteint seulement au laboratoire sur de petits échantillons.

Influence de l’humidité

La teneur en eau d’un bois est chose importante: elle réagit d’une manière complexe sur les qualités de celui-ci:

– Sur la conservation du bois . Les échauffures et pourritures, qui entraînent la désagrégation et la destruction du bois sous l’influence des champignons, ne se développent qu’en milieu franchement humide (bois à plus de 20 p. 100). D’où la nécessité, si l’on veut se placer à l’abri de toute attaque ou de toute contamination, de n’utiliser que du bois à moins de 20 p. 100 d’humidité.

– Sur la tenue des pièces et des assemblages . Les variations de la teneur en eau amènent des variations de dimensions. D’où le «travail du bois», le «jeu des assemblages». Il faut donc, pour éviter ces variations, n’utiliser les bois qu’après les avoir amenés par séchage à un degré d’humidité d’équilibre correspondant aux conditions du lieu d’utilisation. Dans le cas de constructions exposées à l’humidité, non couvertes, non abritées (pylônes, cintres, échafaudages), il suffira de les ramener à un taux d’humidité de l’ordre de 20 p. 100. Dans le cas de charpentes abritées, en local clos et couvert, charpentes de hangars, de bâtiments, il faudra descendre à 16 ou 18 p. 100. Pour les bois utilisés à l’intérieur, on comptera sur une humidité voisine de 12 à 13 p. 100. Enfin, dans le cas de locaux convenablement chauffés, par chauffage central par exemple, l’équilibre s’établira aux environs de 10 p. 100.

– Sur les résistances mécaniques . Un bois est d’autant plus résistant qu’il est plus sec; il y a donc lieu de l’amener au degré d’humidité minimal compatible avec les conditions d’utilisation.

Ces différentes remarques montrent qu’il est indispensable d’utiliser des bois secs pour éviter les déformations, les altérations et les insuffisances mécaniques.

La rétractibilité

Le bois, à mesure qu’il se dessèche, diminue de volume et de dimensions; on dit qu’il subit un retrait . Ce retrait varie suivant la nature du bois; un bois dur est aussi nerveux et son retrait est fort; un bois léger et tendre a, par contre, un retrait faible.

En sens inverse, un bois déjà sec qui reprend de l’humidité augmente de volume et gonfle. Ce gonflement s’oppose au retrait. Comme le bois se met toujours en état d’équilibre avec l’humidité du milieu, à tout changement de ce dernier correspondra une variation d’humidité dans le bois et en même temps une variation du volume. On dit alors que le bois «travaille», que les assemblages «jouent».

Les variations de dimensions se produisent encore sur des bois vieillis et mis en œuvre depuis des siècles. Il y a cependant, dans ce cas, un ralentissement du phénomène.

Valeurs du retrait et du gonflement

Suivant le fil du bois, les variations de dimensions sont très faibles et pratiquement négligeables: le retrait axial ou la rétractibilité sont à peu près nuls.

Dans une section transversale, perpendiculaire au fil du bois, la rétractibilité ne se répartit pas d’une manière égale:

– dans le sens des couches annuelles (appelé sens tangentiel , sens tangent aux couches de croissance), les variations de dimensions sont les plus fortes;

– dans le sens perpendiculaire aux couches annuelles (appelé sens radial , sens du rayon des couches de croissance), les variations de dimensions sont les plus faibles.

On peut dire que la rétractibilité tangentielle est en moyenne de deux à trois fois plus forte que la rétractibilité radiale. Cependant, pour certains bois (acajous), la rétractibilité radiale peut être égale à la rétractibilité tangentielle.

Selon la valeur de la rétractibilité totale (pourcentage de variation du volume entre l’état anhydre et l’état saturé), on peut classer les différentes essences en:

– bois à fort retrait; ce sont les grumes à grandes fentes de dessiccation qu’il convient de débiter rapidement (feuillus durs: chêne, hêtre, robinier, à forte texture);

– bois à retrait moyen; en général les résineux utilisables en grumes, bois de mines, pilots, etc.;

– bois à faible retrait; ce sont les grumes à petites fentes, aptes au déroulage (peuplier, noyer, acajou).

Conductibilité thermique

Le bois est un mauvais conducteur de la chaleur. Sa conductibilité varie suivant l’essence, le degré d’humidité et aussi suivant la direction de la transmission; elle est plus grande parallèlement aux fibres que transversalement.

Le coefficient de conductibilité thermique (quantité de chaleur en grandes calories passant au travers d’une paroi de 1 m2, de 1 m d’épaisseur, en 1 h et pour une différence de température de 1 0C entre les deux faces) correspondant à divers matériaux est donné dans le tableau 1.

Le bois et les produits dérivés du bois sont donc d’excellents isolants. Les panneaux de fibres sont utilisés pour la constitution de parois et cloisons des wagons ou des frigorifiques, et également pour la protection des murs en maçonnerie ou en béton.

Conductibilité électrique

Sec, le bois est isolant, mais sa résistivité décroît rapidement si le degré d’humidité augmente, pour demeurer à peu près constante au-delà du point de saturation. De quelques milliers de mégohms/cm à l’état sec à l’air, la résistivité tombe à quelques ohms seulement pour le bois saturé d’eau.

Le bois sec constitue par lui-même un isolant pour les installations et équipements de basse tension. Mais il ne faut pas qu’il réabsorbe de l’humidité. Il faudra donc le peindre ou le vernir, ou encore le traiter spécialement par imprégnation: les bois bakélisés, imprégnés aux résines synthétiques, sont utilisés dans l’industrie électrique.

3. Caractéristiques mécaniques

La détermination des caractéristiques mécaniques présente une double difficulté: dispersion extrême des résultats, provenant des variations de qualité dans la même essence, chez le même individu, dans la même pièce; anisotropie marquée, rendant nécessaire la recherche des caractéristiques pour chaque direction d’effort par rapport aux fibres.

Pour éviter dans une certaine mesure la multiplicité des résultats on est amené à rechercher, dans chaque cas, des rapports simples et à peu près invariables pour chaque essence. La densité des bois donne en particulier cette possibilité. Elle est, en effet, une synthèse pratique de l’ensemble des caractères de structure des bois. Elle permet de traduire, par des «cotes de qualité» comparables entre elles, les diverses propriétés mécaniques des bois.

Le tableau 2 donne les valeurs des résistances des diverses essences à la compression et à la traction.

Dans l’utilisation du bois comme matériau de charpente et d’ossature, on impose des contraintes de sécurité correspondant au quart des contraintes de rupture et dépendant également de la qualité technologique du bois.

Pour le calcul des flèches et des déformations, on se sert de modules d’élasticité, variables avec l’essence et la qualité. En flexion, le module d’élasticité est d’environ 100 000 kg/cm2 pour toutes les essences utilisées dans les poutraisons.

4. Propriétés chimiques

Deux substances principales forment les constituants des bois, la cellulose et la lignine, auxquelles s’ajoutent d’autres substances, les hémicelluloses, les polysaccharides, les pectines. En dehors de ces constituants principaux, que l’on rencontre, en proportions différentes, dans les différents bois, on trouve, suivant les essences, des constituants particuliers qui peuvent aussi avoir une importance industrielle. Ainsi, certains bois dits «résineux» (sapin, épicéa, pins, etc.) contiennent des «résines», parfois des «oléorésines»; d’autres renferment, en quantités plus ou moins grandes, des tannins, ou des matières colorantes qui leur donnent un aspect brunâtre, rougeâtre ou plus ou moins coloré; d’autres encore contiennent des cires, des alcaloïdes, des matières minérales, etc. Souvent, ces constituants secondaires sont extractibles à l’eau ou au moyen de certains solvants, ce qui montre qu’ils s’ajoutent aux constituants principaux sans faire partie à proprement parler du bois lui-même. On les appelle parfois des «constituants étrangers».

Le bois de sapin des régions tempérées contient à peu près 50 p. 100 de cellulose, 30 p. 100 de lignine, 16 p. 100 d’hydrates de carbone, 3 p. 100 de résines. Mais, suivant les essences, la teneur en cellulose peut varier de 45 à 55 p. 100, celle de la lignine de 25 à 30 p. 100. Les bois durs et fortement lignifiés sont évidemment les plus riches en tissus comportant de la lignine.

La cellulose est le constituant le plus important du bois et elle est à la base des principales industries chimiques du bois. En réalité, il y a plusieurs celluloses qui, sous des compositions chimiques en apparence identiques, ont des propriétés différentes. Selon la manière dont la cellulose réagit à certaines actions chimiques, on distingue dans le bois trois types de celluloses plus ou moins mêlées:

– la cellulose 見, cellulose normale, résistant bien à l’action des alcalis et des oxydants; cette cellulose 見 serait identique à la cellulose de coton d’après de nombreux expérimentateurs;

– la cellulose 廓, assez facilement hydrolysable et qui est dissoute par les oxydants énergiques;

– la cellulose 塚, qui comprend des hémicelluloses facilement hydrolysables et qui ne se trouve pas dans la cellulose du coton.

La connaissance de la proportion de ces différentes celluloses a une grande importance pour certaines applications industrielles. C’est ainsi que la fabrication de la rayonne se fait à partir de la cellulose 見.

La lignine est, comme nous l’avons vu, le second des constituants principaux du bois. Mais sa connaissance présente encore, aussi bien sur le plan de la science pure que sur celui des applications, un certain nombre d’inconnues.

On n’a pas encore trouvé une définition scientifique de la lignine. Ce terme désigne l’ensemble des constituants organiques de la paroi cellulaire qui ne sont pas formés de polysaccharides et qui participent à la solidité de la paroi.

Expérimentalement, on peut isoler du bois, au moyen de certains agents chimiques, des substances non polysaccharides que l’on désigne sous le nom de «lignine d’extraction». Mais certains pensent qu’il n’existe pas, dans le bois, une lignine originelle, celle-ci ne se formant qu’après coup, au cours des réactions d’extraction.

Le problème de la lignine sera sans doute un jour résolu car, industriellement, il y aurait de grands avantages à récupérer, dans les sous-produits de fabrication des industries cellulosiques qui représentent plusieurs millions de tonnes annuelles, cette substance encore peu utilisée mais susceptible de devenir la matière première d’un groupe important d’industries.

Les résines et oléorésines se rencontrent dans les bois dits «résineux» des Gymnospermes. Chez les pins, la résine extraite par le gemmage donne un produit non volatil, la colophane, et un produit volatil, l’essence de térébenthine. Il existe un grand nombre d’essences résinifères produisant les copals, la sandaraque, l’élémis, etc., ou des huiles: huile de santal, de gaïac, de copaïba, etc.

Les tannins, qui transforment la peau en cuir, se classent en deux groupes, tannins pyrogalliques et tannins phlorogluciques. Les premiers se rencontrent dans le chêne, le châtaignier, le sumac, la noix de galle; les seconds dans le quebracho, le palétuvier, le mimosa.

Des matières colorantes peuvent exister dans le bois, ou en provenir par oxydation. Certaines d’entre elles ont été utilisées (bois rouges du Brésil, bois de campêche, quercitron), mais actuellement on leur préfère des colorants de synthèse.

5. Conservation et protection

Le comportement du bois à l’égard des divers agents physiques, chimiques ou atmosphériques est différent de celui des autres matériaux. Cela tient à son caractère particulier de complexe ligno-cellulosique dans lequel la lignine peut résister dans une certaine mesure aux acides et la cellulose aux bases, tandis que ces matières sont très sensibles aux attaques de certains organismes vivants, champignons, insectes, bactéries.

L’attaque par champignons se traduit par des altérations plus ou moins profondes qui peuvent aller de simples changements de coloration à une destruction plus ou moins complète des tissus. Les champignons attaquant le bois sont nombreux, mais leur développement exige une certaine humidité. Un bois à l’état sec est pratiquement à l’abri et se conserve pendant de longues années sans altération. Le bois de cœur, dans les essences à bois parfait distinct (développé ultérieurement), contient par nature des substances qui s’opposent au développement des organismes destructeurs (tannins chez le chêne, le châtaignier, le robinier, résines chez les pins ou le mélèze). Ces bois sont dits bois durables et n’ont pas besoin d’être protégés.

Il en va autrement de l’aubier, ou des bois provenant d’autres essences, à bois parfait non distinct, et dont la durabilité est beaucoup plus faible. Le peuplier, les bois blancs sont très rapidement, au contact du sol, détruits par divers champignons.

Les bois exposés à l’air humide (bois de construction placés à l’extérieur), ou au contact du sol (traverses, poteaux, fondations), devront soit être choisis parmi les bois durables, soit être traités chimiquement pour être protégés.

Les méthodes de traitement et de conservation consistent donc à faire pénétrer dans le bois des produits actifs, fongicides ou insecticides, capables d’empêcher l’éclosion, la prolifération ou le développement des attaques destructrices.

Le traitement peut être superficiel, dans le cas par exemple des charpentes ou des parquets à protéger contre certains insectes xylophages. Il peut être profond pour les bois destinés à être utilisés à l’humidité ou au contact du sol (poteaux de lignes, traverses de chemin de fer). Il est alors effectué à l’autoclave, sous vide et sous pression.

Les produits que l’on utilise doivent être efficaces. Ils contiennent en général des substances actives dissoutes dans l’eau ou dans des solvants huileux ou volatils. Les produits commerciaux existant sur le marché sont très nombreux. Ce sont soit des sels minéraux (sulfate de cuivre, bichlorure de mercure, chlorure de zinc), soit des produits organiques (créosote, phénols nitrés ou chlorés, naphténates, etc.).

L’efficacité du traitement dépend naturellement à la fois de la profondeur de l’imprégnation et de la toxicité du produit utilisé.

6. Qualités techniques

Malgré la création et l’utilisation croissante de produits synthétiques (plastiques, élastomères), le bois n’a pas cessé d’être un matériau très apprécié pour ses qualités techniques. Outre son emploi comme matière première pour la pâte à papier et la rayonne, il trouve de multiples applications en charpenterie, menuiserie, ébénisterie. Les caractéristiques requises par ces diverses industries nécessitent une étude particulière de chaque essence et de chaque spécimen.

Le débitage du bois sur la section radiale permet d’observer, chez certaines essences comme le chêne, ce que l’on appelle la maillure du bois, c’est-à-dire les dessins formés par les rayons ligneux. Un beau parquet de chêne, à maillure bien apparente, est découpé suivant cette section radiale: on le dit débité sur mailles , ou sur quartier . Les bois débités à traits parallèles, suivant le débit en plots, sont, vers la périphérie de la grume, coupés à peu près suivant la section tangentielle; on les dit sur dosse . Vers le milieu de la grume le trait de scie devient de plus en plus radial.

Bois de printemps. Bois d’été

Dans certains arbres, il y a une très grosse différence entre les formations de bois d’été et de bois de printemps, qui correspond à la zone poreuse. Celle-ci est caractéristique de certaines essences (chêne, châtaignier, robinier, frêne, orme, etc.) qui sont dites hétérogènes .

Ailleurs, il y a peu de différence entre ces formations et les couches d’accroissement se distinguent moins nettement; les bois d’apparence plus ou moins uniforme tels ceux du hêtre, de l’érable, du peuplier sont dits bois homogènes .

La largeur d’accroissement indique la rapidité de croissance de l’arbre. Elle dépend de nombreux facteurs: climat, nature du sol, traitement de la forêt. Elle s’effectue différemment, suivant que l’on considère un bois résineux ou un bois feuillu.

Chez l’épicéa, à des couches fines et régulières correspond un bois relativement dense et de bonnes qualités mécaniques. Ce sont les bois à couches fines que l’on recherchera de préférence pour les charpentes légères à hautes résistances et pour les travaux de choix (bois de résonance, bois d’aviation).

Chez le chêne, c’est au contraire à des bois à couches larges qu’il faut s’adresser si l’on veut du bois dur et dense. Les bois à couches fines seront tendres et plus légers; on les réservera pour la menuiserie.

L’exemple de l’épicéa s’applique à tous les résineux; celui du chêne, aux feuillus hétérogènes (châtaignier, frêne, robinier, orme). Chez les feuillus homogènes, où la zone poreuse n’existe pas, la largeur des accroissements n’est pas en rapport avec la qualité et ne peut servir d’indice pour juger de la qualité du bois.

On appelle texture le rapport de la largeur de la zone de bois d’été à la largeur totale de la couche annuelle. Un bois pour lequel la zone d’été occupe les trois quarts de la largeur d’accroissement aura une texture de 75 p. 100, ce qui est une texture forte; un bois où la zone d’été n’occupe que le tiers de la largeur d’accroissement aura une texture de 33 p. 100, ce qui est une texture faible.

Bois de cœur et aubier

Chez certaines essences, chêne, châtaignier, robinier, pin, mélèze, l’aubier et le duramen sont très nettement visibles. On dit que ce sont des essences à bois parfait distinct .

Chez d’autres, sapin, épicéa, peuplier, érable, etc., quel que soit l’âge de l’arbre, il n’y a pas de différence de coloration entre le centre et l’extérieur. Ce sont des essences à bois parfait non distinct . Cependant, chez quelques-unes d’entre elles (peuplier, sapin), il apparaît, peu après l’abattage, une légère différence de teinte entre les deux parties, sans qu’il existe véritablement un duramen bien formé.

Enfin, on range dans un troisième groupe quelques essences qui, bien que privées d’un véritable cœur, possèdent une partie centrale fortement colorée. Ce sont les essences à faux duramen , tels le hêtre avec son cœur rouge, le frêne avec son cœur noir, le tilleul avec son cœur jaune. Il s’agit là d’une altération ou d’un phénomène pathologique et on exclut ce faux duramen de tout emploi noble.

Les différences de coloration et de composition chimique du cœur et de l’aubier se traduisent évidemment par des différences dans la qualité du bois.

Chez les essences à bois parfait distinct, comme le chêne, la différence est très sensible entre les deux parties. Le bois de cœur se conserve parfaitement bien de nombreuses années, l’aubier est rapidement attaqué par les champignons ou les insectes et au contact du sol pourrit rapidement. On peut lui conférer, par imprégnation de substances antiseptiques, la même aptitude à la conservation que le bois de cœur. Celui-ci est imprégné de matières antiseptiques naturelles, tannins, résines, et dépourvu des amidons et matières de réserve; au contraire, l’aubier, riche en amidon, est particulièrement recherché comme nourriture, en particulier par les insectes. Il est donc indispensable de traiter l’aubier chaque fois que le bois est menacé de détérioration (voisinage du sol, présence d’une source d’humidité). Certains prétendent que l’aubier n’est pas du bois; disons que c’est un bois non encore parfaitement achevé et qui ne peut être employé sans discernement.

Chez les essences à bois parfait non distinct, il n’existe pas de différence qualitative entre les différentes parties du bois; aubier et bois de cœur peuvent être utilisés sans distinction.

bois [ bwa ] n. m.
• 1080; d'un rad. bosc, lat. boscus; o. germanique
I
1Espace de terrain couvert d'arbres ( forêt). L'orée d'un bois. Clairière d'un bois. Bois de châtaigniers ( châtaigneraie) , de chênes ( chênaie) , de frênes ( frênaie) , de pins ( pinède) , de sapins ( sapinière) . Le Bois de Boulogne à Paris. Bois domanial. Aller se promener au bois. Couper à travers bois. Les bois : la forêt. Promenons-nous dans les bois. « J'aime le son du cor, le soir au fond des bois » (Vigny). Fraises des bois : fraises sauvages. — PROV. La faim fait sortir le loup du bois. Loc. Sortir du bois : se manifester. — Au coin d'un bois.
2Techn. Les arbres en général. Du bois en pleine végétation. Coupe de bois. Abattage du bois.
II
1Matière ligneuse et compacte des arbres ( xyl[o]-). Bois vert. Bois mort, sec. Train de bois qui flotte. radeau; flottage; région. 2. drave. Couper, scier, fendre, tronçonner du bois. Copeaux, sciure de bois. Bois dur, tendre; résineux. Loc. Faire flèche, faire feu de tout bois. Fam. Être du bois dont on fait les flûtes : être très accommodant.
Bot. Tissu rigide des végétaux vasculaires, formé de fibres ligneuses, de parenchyme et de vaisseaux. xylème. Le liber, l'écorce du bois. Bois primaire (jeune), secondaire. Bois de cœur (le plus dur) et aubier. Assise génératrice ( méristème) et couches concentriques ( cerne) du bois.
Bois de chauffage, à brûler ( 1. bûche) . Du petit bois. Ramasser du bois ( fagot) . Un stère de bois. Se chauffer au bois. Poêle à bois. Feu de bois. Charbon de bois. Loc. prov. On verra de quel bois je me chauffe, quelle personne je suis (menace).
Bois de construction, d'œuvre, de charpente. Bois de menuiserie, d'ébénisterie, d'industrie. Pièce de bois. grume; latte, madrier, planche, poutre, rondin. Panneau de bois. aggloméré , contreplaqué, lamellé (lamellé-collé), latté, 2. médium. Techn. Bois de bout : plaque de bois coupée perpendiculairement au fil. Bois de fil, coupé parallèlement aux fibres. Bois précieux. Bois de rose. Bois exotiques, des Îles. Bois-de-fer. casuarina, sidéroxylon. Bois blanc : sapin, bois léger. Bois ciré, verni. Fig. Bois d'ébène.
Loc. fam. Toucher du bois (souvent accompagné du geste concret),pour conjurer le mauvais sort.
♢ DE BOIS; EN BOIS : fabriqué avec du bois. Meubles en bois, en bois massif. Cheval de bois. Jambe de bois. Loc. fig. N'être pas de bois : ne pas manquer de sensualité. Gueule de bois : bouche empâtée et sèche par suite d'un excès de boisson. — Péj. Langue de bois : langage figé de la propagande politique; par ext. façon de s'exprimer qui abonde en formules figées et en stéréotypes non compromettants (opposé à franc-parler). — Fam. Chèque en bois, sans provision.
2Objet en bois. Un bois de lit : le cadre en bois qui supporte le sommier.
Gravure sur bois. Un beau bois.
Plur. LES BOIS : les instruments à vent munis de trous, en bois (parfois en métal), à embouchure de flûte ou à anche (flûte, hautbois, clarinette, cor anglais, basson, saxophone).
Bois de raquette, la partie en bois. Sport (tennis) Faire un bois : frapper la balle avec le cadre de la raquette. — Golf Club en bois. 1. driver. Cinq bois et neuf fers.
Plur. Football Poteau de but.
3Par ext. Cornes caduques des cervidés. Les bois d'un cerf. merrain, ramure. Ramification des bois. andouiller, 1. cor, époi.

bois nom masculin (francique bosk, buisson) Matière dure qui constitue le tronc, les branches et les racines des grands végétaux, formée par des vaisseaux conduisant la sève brute, les fibres et le parenchyme. Réunion d'arbres couvrant un certain espace de terrain ; terrain ainsi couvert : Bois de chênes. Partie en bois d'un objet : Le bois d'une raquette. Familier. Objet en bois (rame, ski, club de golf, etc.). Beaux-arts Gravure sur bois (de fil ou de bout). (On dit aussi bois gravé.) Mobilier et décoration Carcasse d'un siège ou d'un lit sans aucune garniture. Sports Club de golf à tête en bois, destiné aux coups les plus longs. (Le bois est dénommé driver, brassie ou spoon.) Technique Tronc d'arbre équarri ou débité en planches ou en poutres pour servir à la construction. Branche ou fragment de tronc d'arbre destinés à servir de combustible. ● bois (citations) nom masculin (francique bosk, buisson) Charles Baudelaire Paris 1821-Paris 1867 Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales. Les Fleurs du Mal, Obsession Albert Camus Mondovi, aujourd'hui Deraan, Algérie, 1913-Villeblevin, Yonne, 1960 L'homme est du bois dont on fait les bûchers. L'État de siège Gallimard Paul Claudel Villeneuve-sur-Fère, Aisne, 1868-Paris 1955 Ce bois dont la croix est faite ne manquera jamais. L'Otage, I, 1, Sygne Gallimard Alfred, comte de Vigny Loches 1797-Paris 1863 J'aime le son du cor, le soir, au fond des bois […] Dieu, que le son du cor est triste au fond des bois ! Poèmes antiques et modernes, le Cor Horace, en latin Quintus Horatius Flaccus Venusia, Apulie, 65-Rome ? 8 avant J.-C. Porter du bois à une forêt ne serait pas plus insensé. In silvam non ligna feras insanius. Satires, I, 10, 34bois (expressions) nom masculin (francique bosk, buisson) Bois de justice, guillotine. Familier. Casser du bois, endommager son avion en atterrissant. Familier. Être de bois, manquer de sensibilité, de sensualité. Être du bois dont on fait les flûtes, être très accommodant. (Être) volé comme dans un bois, être escroqué par d'audacieux filous, dépouillé. Faire feu, faire flèche de tout bois, utiliser toutes les ressources possibles pour atteindre un but. Familier. Faire un bois, au tennis, frapper la balle avec le cadre de la raquette. Homme des bois, homme primitif, rustre. Familier. Sortir du bois, intervenir, se manifester. Toucher du bois, conjurer le mauvais sort en touchant un objet en bois. Bois d'automne, bois riche en fibres, pauvre en vaisseaux, sombre, qui se forme en fin d'été dans les arbres à croissance annuelle. Bois de printemps, bois à vaisseaux larges, pauvre en fibres, clair, qui s'édifie rapidement au printemps dans les arbres à croissance annuelle. Bois primaire, bois formé dès la première année de la plante et constituant les faisceaux ligneux de la tige et de la racine de toutes les plantes vasculaires. Bois secondaire, bois formé chez les végétaux vivaces à partir de la deuxième année, issu de l'assise génératrice libéro-ligneuse et disposé en un anneau de plus en plus complet d'une année à l'autre. Faire le bois, fouiller un bois pour lever le gibier. Bois fossile, bois ayant conservé sa substance en fossilisation ou remplacé par du calcaire ou de la silice avec maintien des structures. Bois exotiques, bois d'importation en France, par opposition à bois indigènes. Bois tropicaux, bois commerciaux de la zone intertropicale. (On disait autrefois bois coloniaux ; les plus anciennement exploités sont aussi appelés bois des îles.) Toucher au bois, se dit du cerf qui frotte ses bois contre les arbres. ● bois (homonymes) nom masculin (francique bosk, buisson) bois verbe boit verbebois (synonymes) nom masculin (francique bosk, buisson) Réunion d'arbres couvrant un certain espace de terrain ; terrain ainsi...
Synonymes :
- forêt
bois nom masculin pluriel Le but, au football : Tirer dans les bois. Ensemble des instruments à air de l'orchestre formant la « petite harmonie » (hautbois, cors anglais, clarinettes, bassons, flûtes, saxophones), même si certains sont en métal. Cornes des cervidés, rameuses et caduques. ● bois (homonymes) nom masculin pluriel bois verbe boit verbe

bois
n. m.
rI./r
d1./d Espace couvert d'arbres. Un bois d'eucalyptus. La lisière du bois.
(Afr. subsah.) Bois sacré: lieu boisé où se célèbrent certains rites traditionnels, notam. les rites d'initiation.
|| Homme des bois: individu fruste.
Je ne voudrais pas le rencontrer le soir au coin d'un bois, se dit à propos de quelqu'un dont l'allure est inquiétante.
d2./d (Québec) étendue de terrain peuplée d'arbres, qu'il s'agisse d'un lieu restreint ou d'une forêt. Un bois de sapins, d'épinettes.
Loc. Aller, monter, travailler dans le bois, dans les chantiers d'exploitation forestière.
Coureur de bois: V. coureur.
(Louisiane) Forêt (sens 1). Petit bois, grand bois.
|| Loc. fig., Fam. (Québec) On n'est pas sorti du bois: les difficultés promettent d'être considérables. (V. on n'est pas sorti de l'auberge.)
rII./r Nom générique de bois de diverses espèces selon les régions.
|| (Québec) Bois blanc: Syn. de tilleul (sens 1).
Bois barré ou bois d'orignal: érable de Pennsylvanie (dont l'orignal se nourrit des feuilles).
|| (Afr. subsah.) Bois noir: arbre originaire de l'Inde (Fam. mimosacées), dont l'écorce a des propriétés médicinales.
Bois rouge: arbre (Fam. césalpiniacées) dont l'écorce (bouranne) contient un poison.
|| Bois de fer ou bois-de-fer: en zone tropicale, nom de divers arbres dont le bois est réputé imputrescible et résistant aux termites.
rIII/r Substance fibreuse, plus ou moins dense, qui compose le tronc, les branches et les grosses racines des arbres. Ramasser du bois mort. Faire un feu de bois. Un stère de bois. Du bois de chauffage ou (Afr. subsah.) de feu. Du bois de charpente.
|| (Québec) Bois de corde, débité spécial. pour le chauffage et vendu à la corde.
Bois debout, sur pied, non coupé.
Bois franc ou bois dur: bois des arbres à texture serrée, comme l'érable, le chêne.
Bois mou: bois tendre des résineux, du peuplier, du tremble.
Bois rond: pièce de bois non équarrie. Cabane en bois rond.
|| (Afr. subsah.) Bois blanc, bois rouge: bois de couleur blanche, rouge, quelle que soit l'essence.
|| (Afr. subsah., Québec) Morceau de bois (branche, bâton, etc.). Donner un coup de bois à qqn.
|| Loc. fig. Faire feu de tout bois: utiliser toutes les opportunités.
On verra de quel bois je me chauffe: V. chauffer.
Touchons du bois, formule pour conjurer le sort.
On n'est pas de bois: on n'est pas insensible aux charmes de l'autre sexe.
(Belgique) Trouver porte de bois: trouver porte close, rencontrer un visage fermé.
rIV./r Par méton. (ou métaph.)
d1./d Partie en bois d'un objet. Bois d'une raquette de tennis.
d2./d MUS Les bois: les instruments à vent en bois (clarinette, hautbois, etc.).
d3./d (Plur.) Par métaph. Os pairs ramifiés du front des cervidés mâles, qui tombent et repoussent chaque année. Syn. (Québec) panache.

⇒BOIS, subst. masc.
I.— [Le bois en tant qu'ensemble de végétaux croissant dans un lieu]
A.— Ensemble d'arbres croissant sur un terrain d'étendue moyenne; ce terrain même :
1. Le charme, le délice de ce pays fait de collines et de vallées si étroites que quelques-unes sont des ravins, c'est les bois, les bois profonds et envahisseurs, qui moutonnent et ondulent jusque là-bas, aussi loin qu'on peut voir... Des prés verts les trouent par places, de petites cultures aussi, pas grand'chose, les bois superbes dévorant tout. (...). Chers bois! Je les connais tous; je les ai battus si souvent. Il y a les bois-taillis, des arbustes qui vous agrippent méchamment la figure au passage, ceux-là sont pleins de soleil, de fraises, de muguet, et aussi de serpents. (...). Et puis il y a mes préférés, les grands bois qui ont seize et vingt ans, ça me saigne le cœur d'en voir couper un; pas broussailleux, ceux-là, des arbres comme des colonnes, des sentiers étroits où il fait presque nuit à midi, où la voix et les pas sonnent d'une façon inquiétante. Dieu, que je les aime! Je m'y sens tellement seule, les yeux perdus loin entre les arbres, dans le jour vert et mystérieux, à la fois délicieusement tranquille et un peu anxieuse, à cause de la solitude et de l'obscurité vague... Pas de petites bêtes, dans ces grands bois, ni de hautes herbes, un sol battu, tour à tour sec, sonore, ou mou à cause des sources; des lapins à derrière blanc les traversent; des chevreuils peureux...
COLETTE, Claudine à l'école, 1900, p. 8, 10.
2. Ils étaient en pleine forêt, dans les allées, par les brousses. Ils marchaient, marchaient, traversaient des troupeaux de vieux chênes, des bois de bouleaux argentés, des sapinières où, dans une nuit de murmures, dormaient des tas de bois écorcés sur des sols de copeaux roussis par les pluies. Ils gravissaient des pentes minées de terriers de renards, dévalaient au bruit, lointain sur les cailloux, d'un cours d'eau gonflé par les averses. Parfois, la forêt s'éclaircissait, semblait déclarer sa limite, mais c'était pour se reformer, pour les ressaisir encore; ...
CHÂTEAUBRIANT, M. des Lourdines, 1911, p. 203.
Rem. Le bois est d'étendue plus restreinte que la forêt, mais ils sont souvent confondus dans l'usage : ,,On entend par le mot forêt une étendue considérable de bois`` (J. BAUDRILLART, Nouv. manuel forestier, trad. de Burgsdorf, 1808, p. XXIX); ,,Bois se prend aussi dans le sens de forêt. Ces bois ont une très grande étendue`` (É.-A. CARRIÈRE, Encyclop. horticole, 1862, p. 59).
Sous-bois. Partie sous-jacente du bois, végétation qui y pousse :
3. Les arbres étaient vieux et grands et d'en haut descendait une très douce lumière qui faisait fermenter le sol. Il sentait la résine et le champignon. Un sentier s'enfonçait dans le sous-bois où l'épaisseur de la végétation créait des profondeurs plus sombres, des retraites à peu près inaccessibles. Le silence, tombé si brusquement des branches, à travers l'immense ramage des oiseaux, me paraissait étrange. Parfois un pépiement vite étouffé, un frémissement d'ailes, en décelaient la vraie nature et la fragilité. J'avançais, ravi, dans le bois.
BOSCO, Le Mas Théotime, 1945, p. 247.
SYNT. a) Bois désert, épais, frais, humide, petit, sauvage, touffu, vieux; bois sacré (= bois dédié à certaines divinités dans l'Antiquité; cf. BARRÈS, Mes cahiers, t. 10, 1914, p. 255, 268). b) Bois taillis (= bois dont les arbres sont taillés à une certaine hauteur; cf. FLAUBERT, Par les champs et par les grèves, 1848, p. 215 et ex. 1); bois de châtaigniers, de chênes, de citronniers, de cyprès, de hêtres, d'oliviers, d'orangers, de pins, de sapins; promenade au bois; bouquet de bois (= fraction de bois, groupe d'arbres à l'écart; cf. POURRAT, La Tour du Levant, 1931, p. 296); bêtes, écho, fraises, oiseaux des bois; allées, arbres, avenue, cime, corne, entrée, épaisseur, feuilles, odeur, ombre, profondeur du bois. c) À la lisière/à l'orée du bois, à travers bois; au bord/au cœur/au dessus/au fond/au milieu/au sein du/des bois; sous le couvert du bois. d) gagner, traverser le bois; courir les bois; se promener au bois; s'enfoncer, entrer, fuir dans le bois; sortir du bois; voler, être volé comme dans un bois (cf. E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1886, p. 625).
P. métaph. Les grands bois sombres, de l'âge et du travail (BARRÈS, Mes cahiers, t. 14, 1922-23, p. 166) :
4. Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.
PRÉVERT, Paroles, Cet amour, 1946, p. 169.
Spéc., VÉN. Faire le bois. Rechercher le grand gibier avec un limier. Des valets de limiers habiles à « faire le bois » (P. VIALAR, La Chasse aux hommes, Le Rendez-vous, 1952, p. 245).
Par évocation historique ou légendaire. Homme des bois. Personne dont l'aspect négligé, les manières rudes font penser aux conditions de l'habitat primitif sous bois. Poil d'homme des bois (MONTHERLANT, Les Lépreuses, 1939, p. 1057). (La belle-au-)bois-dormant (par allusion au conte de Ch. Perrault) :
5. Le château de l'âme. — Et en lui-même bientôt M. Godeau découvrit une allée de très vieux arbres au delà d'un bois dormant. Cette allée remplie d'ombre conduisait à la porte ensoleillée d'un manoir plus grand que sept villes. (...). Parfois dans son sommeil, quand il n'était plus de lui-même qu'une représentation subtile, M. Godeau s'approchait plus près de son âme dans le bois dormant. Il suivait l'allée mystérieuse des vieux arbres; il apercevait la porte ensoleillée; il entrait; il errait. (...). Il n'osait pas encore entrer dans la crypte mystérieuse et oblique où Dieu peut-être l'attirait.
La Belle-au-bois-dormant. — Nombreux sont ceux qui meurent, — la multitude, — sans avoir jamais eu le sentiment de leur existence. Quelques-uns s'éveillent après vingt ans et des milliers de siècles de sommeil, parmi leur éternité, comme au fond de son palais magique, la Belle-au-bois-dormant. On n'a pas le sentiment de son existence personnelle, quand on le veut, quand on songe à l'avoir, quand on croit l'avoir. C'est un coup de foudre qui vous frappe au détour d'un chemin ou au fond de l'alcôve brutalement, violemment, — une grâce, — une révélation. — « J'existe. Je suis. »
JOUHANDEAU, M. Godeau intime, 1926, p. 157.
B.— [P. anal. (de forme)]
1. Ensemble de plantes quelconques croissant sur une certaine étendue :
6. ... lentement, ils s'en allèrent dans le bois de roses. C'était un bois avec des futaies de hauts rosiers à tige, qui élargissaient des bouquets de feuillage grands comme des arbres, avec des rosiers en buissons énormes, pareils à des taillis impénétrables de jeunes chênes. Jadis, il y avait eu là la plus admirable collection de plants qu'on pût voir.
ZOLA, La Faute de l'Abbé Mouret, 1875, p. 1337.
2. Ensemble d'objets rappelant la disposition des arbres dans un bois. Bois de colonnes (cf. T. GAUTIER, Le Roman de la momie, 1858, p. 280).
Spéc., gén. au plur. Excroissances osseuses qui se forment en ramure sur la tête des cervidés. Bois de cerf :
7. Parmi les phénomènes les plus singuliers de l'ostéogénie, ou du développement de la substance osseuse, l'anatomie comparée nous présente sur-tout la formation du bois du cerf. Ce bois, dans son état parfait, est un véritable os, (...). On sait assez quelles sont ses formes extérieures, soit dans les différentes espèces, telles que l'élan, le renne, le daim, le cerf, le chevreuil, etc., (...). Ce bois, ainsi dur et nu, ne demeure jamais qu'une année sur la tête du cerf : l'époque de sa chûte varie selon les espèces; mais lorsqu'elle est prochaine, on voit, en le sciant longitudinalement, une marque de séparation rougeâtre entre lui et la proéminence de l'os frontal qui le porte. Cette marque devient de plus en plus forte; et les particules-osseuses qui se trouvent en cet endroit finissent par perdre leur adhérence. À cette époque, un choc, souvent léger, fait tomber l'un et l'autre de ces bois, à deux ou trois jours de distance au plus. (...) et lorsque le bois doit repousser, on voit s'élever un tubercule, qui est et qui demeure couvert par une production de cette peau, jusqu'à ce qu'il ait acquis son parfait accroissement. Pendant tout ce temps, ce tubercule est mou et cartilagineux : ...
CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 1, 1805, pp. 113-114.
P. plaisant. Faire porter du bois à son mari, planter des bois sur la tête de son mari, etc. Le tromper. Le bois d'un cocu (cf. E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1861, p. 983).
C.— Loc. proverbiales. Aller au bois sans cognée. Se lancer dans une entreprise sans en avoir les moyens. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.). La faim fait sortir le loup du bois (cf. AMIEL, Journal intime, 1866, p. 93). Qui a peur des feuilles n'aille au bois. Qui craint le danger ne doit pas s'y exposer. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.).
II.— [Le bois en tant que matière]
A.— [En tant que matière végét.]
1. Matière (racines, tronc, branches) qui constitue l'arbre (à l'exception du feuillage) :
8. Mais quand mauvaise est la saison,
L'arbre perd fleurs et frondaison.
Son bois seul reste, noir et grêle.
Et sur cet arbre dépouillé,
L'oiseau, grelottant et mouillé,
Reste muet, tête sous l'aile.
Ch. CROS, Le Coffret de Santal, Excuse, 1873, p. 58.
SYNT. Bois mort, vert, vif; coupe, éclat, nœud, sciure de bois.
P. métaph. Ce qui évoque l'arbre ou quelque partie d'arbre par son caractère touffu, volumineux, inerte, etc. :
9. Il ne faudrait même pas me trop pousser, encore aujourd'hui, pour me faire dire qu'il y a dans son œuvre [de Béranger], beaucoup de bois mort, que sa forme est souvent plate et que son lyrisme manque de souffle.
COPPÉE, Mon franc-parler II, t. 7, 1896, p. 14.
Spéc., BOT.
♦ [Dans un sens strict] Bois parfait ou bois. Substance compacte, dure, comprise entre l'aubier et la moelle. Bois de printemps, bois d'automne (cf. L. PLANTEFOL, Cours de bot. et de biol. végét., t. 2, 1931, p. 237) :
10. Dans les végétaux dicotylédonés le bois présente quatre parties principales (...) la première (...) porte le nom d'écorce, la deuxième qui vient immédiatement après, est l'aubier que quelquefois on nomme bois imparfait; la troisième que parfois on nomme bois parfait est le cœur auquel certains auteurs ont aussi donné le nom de duramen (...). Enfin, la quatrième tout à fait centrale, formée d'un tissu d'une matière spongieuse est la moëlle...
É.-A. CARRIÈRE, Encyclop. horticole, 1862, p. 58.
P. ext. [Sert à désigner certaines plantes ligneuses] Bois de Sainte-Lucie ou prunus mahaleb. Prunier à bois odorant. Une ravissante petite boîte oblongue en bois de Sainte-Lucie, divinement sculptée (BALZAC, Le Cousin Pons, 1847, p. 30). Bois gentil, bois joli, joli bois ou daphné mesereum. Arbuste à fleurs rose mauve très odorantes :
11. Déjà dans les taillis, alors que les arbres ruisselants étaient vêtus de mousses humides et que les branches se teintaient à leurs extrémités de nuances violacées, le joli bois devait montrer sa quenouille de fleurettes roses.
MOSELLY, Terres lorraines, 1907, p. 76.
2. Loc. proverbiales. Charger (qqn) de bois. Battre, maltraiter (quelqu'un). (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.). Donner (à qqn) une volée de bois vert. Battre, maltraiter (quelqu'un). (cf. L. HALÉVY, Carnets, t. 2, 1908, p. 39). Il ne faut pas mettre le doigt entre le bois et l'écorce. Il ne faut pas s'interposer entre des personnes étroitement liées. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.).
B.— [Le bois en tant que produit combustible]
1. Partie d'arbre utilisée comme moyen de chauffage. Bois de chauffage, feu de bois :
12. ... la qualité du feu tient à celle du bois. Car on ne « brûle » jamais du vin qu'au bois. Un « brûleur » de profession n'acceptera pas de distiller avec des bûches quelconques. Il faut un bois très sec, non résineux, sans fumée, à fibres tendres et lâches, que la flamme dévore tout entier de ses langues légères et brillantes, ne laissant de lui que le moins de cendres qu'une matière puisse abandonner. Et je me plais à voir cette essence produite par cette ardeur. Le bois le meilleur est l'aulne. Poussé dans des terrains humides, à densité faible, il est presque sans cœur, et a l'air aussi de se volatiliser. C'est plaisir de le voir s'embraser.
PESQUIDOUX, Chez nous, 1921, p. 53.
SYNT. a) Bois brûlé, flotté, mouillé, pourri; menu, petit bois. b) Coffre à bois; bout, charbon, marchand, morceau, pile, provision, tas, train de bois. c) Manquer de bois; brûler, casser, chercher, couper, fendre, scier du bois.
P. métaph. Personne qui s'enflamme plus ou moins rapidement, qui cède plus ou moins facilement aux attaques, etc. :
13. À propos de ces filles de M. d'Andilly qui avaient signé (car il y en eut une autre encore qui céda), on se disait avec effroi au-dedans de Port-Royal : « Si ces choses arrivent au bois vert, que sera-t-il fait au bois sec? » On allait jusqu'à trembler pour la mère Agnès, qu'on disait affaiblie elle-même et chancelante; ...
SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 174.
2. Loc. proverbiales. Il n'est bois si vert qui ne s'allume. La patience a des limites chez quiconque. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.). Il n'est feu que de bois vert. L'ardeur de la jeunesse est parfois indispensable. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s.). Le bois tortu fait le feu droit. Les moyens détournés permettent d'arriver à un but honorable. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.). On va voir de quel bois je me chauffe, je vais t'apprendre de quel bois je me chauffe (ERCKMANN-CHATRIAN, Le Conscrit de 1813, 1864, p. 83). Remettre du bois. ,,Pousser à l'enthousiasme (...)`` (LARCH. Suppl. 1880, p. 17) ``« Il y en a aussi un qui fait les couloirs pendant les entr'actes, (...) qui chauffe, qui remet du bois, en style de coulisses » (Dumas fils)`` (LARCH. Suppl. 1880, p. 17)
C.— [Le bois en tant que matériau de constr., de fabrication, d'art, etc.]
1. Substance compacte de l'arbre utilisée dans la fabrication de nombreux objets :
14. ... une autre case, case d'apparat, construite avec tout le luxe indigène, révèle encore l'élégance de cette architecture primitive. Sur une estrade de larges galets noirs, de lourdes pièces de magnifique bois des îles soutiennent la charpente. La voûte et les murailles de l'édifice sont formées de branches de citronniers choisies entre mille, droites et polies comme des joncs; tous ces bois sont liés entre eux par des amarrages de cordes de diverses couleurs, disposés de manière à former des dessins réguliers et compliqués.
LOTI, Le Mariage de Loti, 1882, p. 103.
15. Dans d'autres cas, à côté de la souplesse de la fibre, c'est une certaine dureté que l'on exige des bois, ainsi qu'une forte résistance à la compression transversale. Les bois durs et lourds de nos colonies, les « bois de fer », le gaïac, sont les bois types de cette catégorie. À leur défaut, on peut utiliser les bois homogènes de nos régions, très fermes et à forte densité, tels que le buis, le houx, les fruitiers, le charme, parfois l'orme ou le robinier. Mais leur résistance transversale est souvent insuffisante; on a alors recours aux bois densifiés. Le hêtre, si commun dans notre pays, convenablement traité, permet ainsi d'éviter de coûteuses importations. Billes et rouleaux de roulement, cames, coins, cales, galets de friction ou de roulement, plateaux d'entraînement, engrenages, coussinets, telles sont quelques-unes des principales utilisations des bois durs ou densifiés dans le domaine de la mécanique.
J. CAMPREDON, Le Bois, 1948, p. 129.
SYNT. 1. Relatifs à l'orig. et aux qualités physiques du bois. a) Bois brun, doré, jaune, noir, odorant, poli, précieux, vermoulu, verni; bois blanc (= bois clair, tendre, fourni par certains arbres (bouleau, peuplier, etc.)); b) Bois de cèdre, de chêne, de citronnier, d'ébène, de noyer; bois de rose ou bois de Rhodes (= bois odorant, jaune ou rose violet, utilisé en parfumerie, marqueterie : le bois de rose (...) jaune pâle, veiné de rouge dans J. VIAUX, Le Meuble en France, 1962, p. 3) — p. méton. Couleur rose violet : le satin bois de rose du fourreau (JOUHANDEAU, M. Godeau intime, 1926, p. 199), lainage couleur bois de rose (MORAND, Londres, 1933, p. 180). 2. Relatifs à l'utilisation du bois. a) Bois peint, sculpté; b) Bois de charpente, de construction; bois d'œuvre; armoire, banc, baraque, barre, boîte, cadre, cage, caisse, chaise, chevaux, cloison, croix, cuiller, escalier, galerie, grille, maison, manche, marches, meubles, pavés, pelle, pont, statue, table, volets de bois; gravure, sculpture sur bois; c) Toucher du bois [par superstition] (cf. G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, La Passion de Joseph Pasquier, 1945, p. 32).
2. P. méton. Objet en bois.
a) Avec compl. Bois de justice. Guillotine (cf. A. DAUDET, Port-Tarascon, 1890, p. 90; A. ARNOUX, Suite variée, 1925, p. 196). Bois de lit. Ensemble des pièces constituant la menuiserie d'un lit (cf. KARR, Sous les tilleuls, 1832, p. 73); ,,terme normalement employé par les matelots — et par les élèves de l'École Navale — pour désigner le hamac, par ironie sans doute, ce lit [n'étant pas de bois]`` (R. COINDREAU, L'École Navale et ses traditions, L'Arg. Baille, 1957, p. 75)
b) Emploi abs.
Arg., au plur. Ameublement (cf. A. BRUANT, Dict. fr.-arg., 1905, p. 20; etc.). Être dans ses bois. Être dans ses meubles (cf. O. MÉTÉNIER, La Lutte pour l'amour, 1891, p. 167; etc.).
ARTS PLAST., au sing. et au plur. Gravure sur bois. Faire des bois (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1869, p. 484); la litho et le bois (HUYGHE, Dialogue avec le visible, 1955, pp. 13-14).
MAR., au sing., vx. Coque de navire (cf. DUMONT D'URVILLE, Voyage au Pôle Sud., t. 3, 1842, p. 117).
MUS., au plur. Ensemble d'instruments à vent généralement en bois :
16. Et dans l'orchestre, on n'entend point les flûtes, les hautbois et les violons. Seules, les cordes graves et les registres graves des bois et des vents, où parle une lente et profonde méditation.
R. ROLLAND, Beethoven, t. 2, 1928, p. 384.
SP. (football), au plur. Poteaux de but. Sortir de ses bois (Match, 25 déc. 1934, p. 14 dans A.-O. GRUBB, French sports neologisms, 1937, p. 20).
TYPOGR., au plur. ,,On comprend sous cette dénomination générale toutes les parties en bois qui servent à garnir une forme (les biseaux, réglettes, feuillets, coins; etc.); mais rigoureusement on n'appelle ainsi que les caractères d'une certaine épaisseur, comme le 36, le 40, le 48, le 72, le 96 points`` (A. MAIRE, Manuel pratique du bibliothécaire, 1896, p. 294; etc.).
3. P. anal.
a) [À propos d'une chose concr.] Loc. Casser du bois. Endommager un avion à l'atterrissage. Les pilotes cassant du bois (LANGLOIS, BINET dans F. Widal, P.-J. Teissier, G.-H. Roger, Nouv. traité de méd., fasc. 7, 1920-24, p. 166); s'emploie aussi dans l'arg. des chauffeurs de taxi (cf. A. SIMONIN, J. BAZIN, Voilà taxi! 1935, p. 16). Trouver visage de bois. Trouver porte close (cf. E. SUE, Les Mystères de Paris, 1842-43, p. 194; E. AUGIER, Lions et renards, 1870, VI, p. 240).
b) [À propos d'une pers., d'une partie d'une pers.]
[P. anal. de forme, de consistance] Personne, partie d'une personne dont l'aspect rigide rappelle la dureté du bois. Une chair de bois :
17. Lorsqu'Anne-Marie l'entretint de Valentin et de Pauline, Gaspard prit ce qu'elle appelait sa face de bois, une figure dure, colorée, lointaine.
POURRAT, Le Pavillon des amourettes, 1930, p. 187.
Fam. (Avoir la) gueule de bois. Avoir la bouche rêche et empâtée, après un excès de boisson. Un demi-verre d'huile pure (...) remède (...) souverain (...) contre la gueule de bois (MAURIAC, Préséances, 1921, p. 209).
[P. anal. de couleur] Bois d'ébène. Esclave noir :
18. ... les Blancs (...) se sont rués à la possession du monde, à partir du XVIe siècle, et ont réussi à se partager le Nouveau Monde, occupant tout le continent, y faisant souche après avoir massacré les races Peaux-Rouges, fait table rase des civilisations indiennes, bouleversé l'économie séculaire du pays en y introduisant les Noirs comme bêtes de somme, trafic des bois d'ébène qui plus que le trésor des Incas et le produit des mines d'or et de diamants est à l'origine des immenses sommes d'argent, finances publiques et fortunes particulières que les nations européennes ont investies, dès le début du XIXe siècle, dans le machinisme...
CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 184.
4. Loc. proverbiales
a) [À propos d'une chose concr. ou abstr.] Abattre bien du bois. Abattre beaucoup d'ouvrage. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.). Faire flèche de tout bois. Utiliser tous les moyens possibles (cf. BALZAC, César Birotteau, 1837, p. 363; CENDRARS, L'Or, 1925, p. 204). Ne savoir plus de quel bois faire flèche, tout bois n'est pas bon à faire flèche. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.).
b) [À propos d'une pers.] Homme, femme de/en bois. Personne de nature fruste, de caractère rude, dépourvue de sensibilité :
19. Il m'apparaît sous un jour plus sympathique que jamais, ainsi se plaignant et tendre comme je ne l'ai jamais vu. C'est comme un homme de bois désanglé et plein de grâce dans les jolis témoignages de l'amitié.
E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1860, p. 750.
Loc. subst., péj. Évêque de bois (en particulier dans l'expression crosse de bois, évêque d'or; crosse d'or, évêque de bois). Évêque de médiocre qualité (cf. A. FRANCE, L'Orme du mail, 1897, p. 84). Tête de bois. Expression familière, employée pour gourmander une personne entêtée. Traiter (...) de tête de bois, de bête brute (E. et J. DE GONCOURT, Germinie Lacerteux, 1864, p. 240); sale tête de bois (AYMÉ, La Jument verte, 1933, p. 204).
Loc. verbales, gén. laud. Être du bois dont on fait les (généraux, ministres, etc.). Avoir l'étoffe nécessaire pour devenir tel personnage. Être du bois dont l'empereur faisait des ducs, des princes et des maréchaux (SANDEAU, Mlle de La Seiglière, 1848, p. 240); [p. plaisant.], être du bois dont on fait les imbéciles (ABOUT, Le Nez d'un notaire, 1862, p. 120). Être du bois dont on fait les flûtes. Être d'un naturel accommodant. (Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et du XXe s.). N'être pas de bois. N'être pas dépourvu de sensibilité, de sensualité :
20. Je ne suis pas de bois à parler franc, mais enclin au contraire à embrasser les formes plaisantes : celles de Primavérile l'étaient.
TOULET, Mon ami Nane, 1905, p. 173.
Prononc. :[] ou [bwa]. ROUSS.-LACL. 1927, p. 136, et GRAMMONT Prononc. 1958, p. 28, indiquent un []. Homon. (il) boit. Enq. :/bwa/.
Étymol. ET HIST. — A.— Ca 1100 bois « lieu planté d'arbres » (Roland, éd. Bédier, 3293); forme bos ca 1160 (Eneas, 2164 dans T.-L.) — XVe s. (BAUDET HERENC, Règles de seconde Rhétorique, p. 157 dans IGLF Litt.); forme bosc ca 1180 (Alexandre, f° 42a dans GDF. Compl.) — XIVe s., ibid.; reprise en 1950 par J. DE LA VARENDE, La Normandie en fleurs, p. 230. B.— « matière ligneuse de l'arbre » 1. 1165-70 « bois coupé non travaillé » (Roman de Troie, 13029 dans T.-L.); XIIIe s. mort bosc (Jurés de S. Ouen, f° 16 r°, A. S.-Inf. dans GDF. Compl.); 1580 ne savoir de quel bois on se chauffe (G. BOUCHET, Serees, V, 45, ibid.); 2. « matière propre à être travaillée » a) 1243 en bosc (Ph. MOUSKET, Chron., 10986 dans T.-L.); XIVe s. de bois (DE LABORDE, Émaux, p. 166 dans LITTRÉ); 1599 visage de bois (Ph. DE MARNIX, Differ. de la Relig., I, IV, 20 dans HUG.); b) 1426 bos de lit (Coutumes Lille, p. 157, 6 dans T.-L.); 1866 gravure et typographie (Lar. 19e); 1922 mus. (Lar. univ.); 1929 football « poteau de but » d'apr. ESN.; 1934, supra; 3. ca 1375 « cornes de cerf » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, t. 1, p. 18); 1660 en parlant des maris trompés (MOLIÈRE, Sganarelle, éd. du Seuil, Paris, 1962, sc. 17, 420, p. 118a).
Mot d'orig. germ. (Braune dans Z. rom. Philol., t. 36, p. 713), prob. issu de l'a.b.frq. - « buisson », que l'on peut déduire de l'a.h.all., a. sax. busc, attesté en topon. dès 937 (Rohlfs dans Festschrift W. v. Wartburg, t. 2, 1968, p. 204), ainsi que dans le composé brâmalbusc « ronce », Xe-XIe s. (S. Petrier Bibel- und Mischglossen, Glossenhss. der Landesbibliothek Karlsruhe dans KARG-FRINGS, s.v. brâmalbusc) et fréquemment sous la forme busc dans les gloses des XIIe et XIIIe s. (ibid., s.v. busc); de même m.b.all. busch, busk, m.néerl. busch, bosch, m.angl. busch, busk (KLUGE20, s.v. Busch); l'ancienneté du mot dans les lang. germ. (examen détaillé par Hubschmid dans Vox rom., t. 29, 1970, pp. 92-99) exclut l'hyp. d'un empr. du germ. au rom. (EWFS2). Le mot est attesté pour la première fois sous la forme du lat. médiév. boscus en 704 dans un diplôme de Childéric III (HUBSCHMID, p. 85) et devient fréq. dep. la 1re moitié du IXe s. au sens de « terrain boisé » spéc. dans l'ouest et le sud du domaine gallo-rom. (ID., p. 86 et NIERM.). Le mot gallo-roman a pénétré en Catalogne (dès 878, HUBSCHMID, p. 87; v. aussi GMLC; d'où l'esp. bosque, 1493-5 dans COR.) et en Italie du Nord (895, P. Aebischer dans Z. rom. Philol., t. 59, 1939, pp. 424-430). Cette filiation des lang. rom. est en faveur d'une orig. frq. plutôt que germ., comme l'indique FEW t. 15, 1, p. 192. D'autre part, étant donné que les formes d'a. fr. (v. l'examen des mots rimant avec bos, fait par HUBSCHMID, p. 88) de même que celles de la Suisse romande (Pat. Suisse rom.), reposent sur une base en (développement comparable à celui de , , ) la forme frq. - proposée par REW3, n° 1419 semble à écarter. L'a.fr. bos, bosc repose sur ; pour expliquer l'a.fr. bois, il semble nécessaire d'avoir recours au nomin. plur. (FEW, loc. cit., p. 208a; BL.-W.5) car partant de , du combiné avec le yod issu du [k], aurait résulté büis et non bois (v. cependant H. RHEINFELDER, Altfranzösische Grammatik, München, t. 1, 1968, p. 229); bois ne pourrait résulter que de la combinaison de yod avec (ROHLFS, Vom Vulgärlatein zum Altfranzösischen2, 1963, p. 153 et dans Festschrift W. v. Wartburg, loc. cit.). Un étymon gaul. boskos (EWFS2) est provisoirement à écarter, le mot ne semblant pas attesté dans le celt. insulaire (FEW, loc. cit., p. 208a; COR.).
STAT. — Fréq. abs. littér. :17 316. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 22 001, b) 29 896; XXe s. : a) 28 823, b) 21 514.
BBG. — ARTUR (J.). Le Lang. des gens de mer. Déf. Lang. fr. 1970, n° 52, p. 24. — BECKER (K.). Sportanglizismen im modernen Französisch (auf Grund von Fachzeitschriften der Jahre 1965-1967). Meisenheim, 1970, p. 316, 333. — DELAIGUE (J.). Les Noms d'arbres dans la topon. de la Haute-Loire. Almanach de Brioude. 1962, t. 42, pp. 146-152. — DUDAN (C.). Fr. universel et fr. marginal en Suisse romande. Vie Lang. 1962, p. 143. — FLUTRE (L.-F.). De Qq. termes de la lang. comm. utilisés sur les côtes de l'Afrique occidentale aux XVIIe et XVIIIe s. R. Ling. rom. 1965, t. 25, p. 286. — FROHLICH (A.). Wald, wood, bois. Neuphilol. Mitt. 1941, t. 12, pp. 245-266. — KUHN 1931, pp. 72-73. — LAJAUNIE (M.-A.). Préjugés et lang. Vie Lang. 1969, p. 79. — LATOUCHE (R.). Défrichement et peuplement rural dans le Maine du 9e au 13e s. Moyen Âge (Le). 1948, t. 54, p. 77; pp. 82-84. — RABUSE (G.). Mort bois und bois mort. In : [Mél. Gamillscheg (E.)]. München 1968, pp. 429-447. — RAT (M.). De Qq. vieilles loc. Déf. Lang. fr. 1968, n° 44, p. 13. — RICHTER (E.). Etymologisches. Z. fr. Spr. Lit. 1919, t. 45, p. 129. — RIGAUD (A.). Vie Lang. 1966, p. 239. — ROG. 1965, p. 54, 73. — ROHLFS (G.). Traditionalismus und Irrationalismus in der Etymologie. In : [Mél. Wartburg (W. von)]. Tübingen, 1968, t. 2, p. 204. — ROMMEL (A.). Die Entstehung des klassischen französischen Gartens im Spiegel der Sprache. Berlin, 1954, p. 142. — SPITZER (L.). Span. dibujar ,,zeichnen`` = afrz. deboisser. Z. fr. Spr. Lit. 1919, t. 45, p. 375. — TOURNEMILLE (J.). Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1965, pp. 407-409. — WHATMOUGH (J.). Vermischte sprachwissenschaftliche Aufsätze. Sprache (Die). 1949. t. 1, pp. 123-124.

bois [bwɑ] n. m.
ÉTYM. 1080, Chanson de Roland, au sens I, 1; du francique bosk « buisson ». Cf. all. Busch, par le lat. pop. bosci, plur. de boscus, le rapport avec le lat. buxus « buis » n'est pas à écarter, selon Guiraud, si l'on admet la possibilité d'un dérivé roman buxicus.
———
I
1 (Un bois, des bois). Espace de terrain couvert d'arbres. Forêt, frondaison, futaie, sylve; bocage, boqueteau, bosquet, bouquet (d'arbres), breuil (régional), buisson, fourré, futaie, massif (d'arbres), sous-bois, taillis. || Espace découvert dans un bois. Clairière. || Un pays de bois. Boisé. || L'orée, la lisière d'un bois. || Un bois mystérieux, ombreux, sombre, ténébreux; épais, impénétrable, touffu; frais, riant; désert, silencieux, solitaire. || Bois de châtaigniers ( Châtaigneraie), de chênes ( Chênaie), de frênes ( Frênaie), de pins ( Pinède), de sapins ( Sapinière). || Un petit bois. || Les grands bois. Forêt. || Acheter, vendre un bois et une friche. || Bois domanial, communal. || Possession d'un bois indivis. Ségrairie. || Le Bois de Boulogne à Paris. || Aller, se promener au bois. || Marcher dans les bois, dans les sous-bois. || S'égarer en plein bois. || Couper à travers bois.Bois sacrés, consacrés au culte par les anciens.Bois d'Épidaure, bois de Vesta.
1 Les vents sont assoupis, les bois dorment sans bruit.
Ronsard, in Littré.
2 J'ai besoin du silence et de l'ombre des bois (…)
Boileau, Épîtres, 6.
3 Mes seuls gémissements font retentir les bois (…)
Racine, Phèdre, II, 2.
4 Un terrain couvert ou plutôt à demi couvert de genièvres, de bruyères, est un bois à moitié fait et qui a peut-être dix ans d'avance sur un terrain net et cultivé (…)
Buffon, Expériences sur les végétaux, 2e mémoire.
5 Il (J.-J. Rousseau) veut réduire au gland l'Académie entière :
Renoncez aux cités, venez au fond des bois,
Mortels, vivez contents sans secours et sans lois (…)
Voltaire, les Deux Siècles.
6 Cependant à l'orée du bois on voit déjà fleurir les primevères (…)
Bernardin de Saint-Pierre, Étude, V.
7 Tantôt un bois profond, sauvage, ténébreux
Épanche une ombre immense, et tantôt moins nombreux,
Un plant d'arbres choisis forme un riant bocage (…)
Delille, Jardins, II.
8 Nous traversâmes quelques petits bois de baumiers et de cèdres de la Virginie (…)
Chateaubriand, Voyage en Amérique, 308.
9 Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Lamartine, Premières méditations, « L'automne ».
10 J'aime le son du cor, le soir au fond des bois (…)
A. de Vigny, le Cor.
11 Comme le flot des mers ondulant vers les plages
Ô bois, vous déroulez, pleins d'arome et de nids,
Dans l'air splendide et bleu, vos houles de feuillages;
Vous êtes toujours vieux et toujours rajeunis.
Leconte de Lisle, Poèmes barbares, « La Fontaine aux lianes ».
12 Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés (…)
Th. de Banville, Cariatides, « les Stalactites ».
13 (…) dans l'air passe cette senteur spéciale des arrière-saisons, senteur des bois qui se dépouillent (…)
Loti, Ramuntcho, II, 3.
14 Ton sourire est pareil aux clairières des bois.
Francis Jammes, Choix de poèmes, « La jeune fille nue », p. 124.
15 Je m'éteindrai, un soir, comme ce soleil
Qui dore les bois poétiques de ces coteaux.
Francis Jammes, Almaïde d'Étremont, p. 172.
Bêtes, oiseaux des bois.Fraises des bois.Les nymphes des bois. || La Belle au bois dormant (→ Beau, cit. 111.1 et 112). — ☑ Loc. Homme des bois (fig.), homme rude et sauvage. Ours (fig.). Vx (du malais). || Homme des bois : orang-outang.Sortir du bois, en parlant des animaux. Débucher.Vén. || Faire le bois, chasser dans les bois. Brousser.Poét. || Les hôtes des bois : les animaux qui vivent dans les bois. Spécialt. Les oiseaux.
16 Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.
La Fontaine, Fables, I, 11.
Vx. || Le bois, les bois : lieu dangereux abritant des brigands.
17 Le bois le plus funeste et le moins fréquenté
Est au prix de Paris un lieu de sûreté (…)
Boileau, Satires, VI.
On n'aimerait pas le rencontrer au coin d'un bois : il a l'air d'un bandit.
18 Qu'un brigand me surprenne au coin d'un bois, il faut par force donner sa bourse (…)
Rousseau, Du contrat social, I, 3.
(1791, in D. D. L.). Être volé comme dans un bois.
19 Vous savez mes malheurs : j'ai été volée comme dans un bois.
A. de Musset, Un caprice, III.
19.1 Il n'y avait pas non plus, dans cette petite ville où le luxe s'est accru maintenant comme partout, un seul hôtel où nous puissions avoir une table passable d'officiers, sans être volés comme dans un bois (…)
Barbey d'Aurevilly, les Diaboliques, « Le rideau cramoisi ».
Loc. fig. Aller au bois sans cognée : entreprendre qqch. sans s'assurer des moyens pour réussir. — ☑ Prov. Qui a peur des feuilles, n'aille au bois : celui qui manque de courage doit éviter le danger. — ☑ La faim fait sortir le loup du bois.
20 Alors la faim, qui chasse le loup hors du bois, me fit sortir de mon gîte pour aller acheter des vivres (…)
A. R. Lesage, Don Guzman…, II, 4.
Vén. || Faire le bois : rechercher le grand gibier.
2 (Le bois, les bois). La végétation ligneuse. || Exploiter le bois. Foresterie, sylviculture. || Le bois d'une exploitation forestière. Boisement, déboisement, déforestation, reboisement; déroder, essarter, layer; balivage, débosquage. || Du bois en pleine végétation, bois vif. || Bois recepé. Receper, revenue. || Des arbres qui poussent trop en bois (→ Arbre, cit. 23). || L'âge du bois.
Techn. || Bois de brin, venu de la graine; jeune bois ( Perchis), bois taillis, bois de demi-futaie, considéré comme bois de haut revenu; bois de futaie. || Bois sur pied; bois vert; bois en grume, revêtu de son écorce. Grume. || Bois de printemps, tendre et mou. || Bois noueux, rabougri, tordu, veiné. || Bois encroué : arbre sur lequel un autre est tombé. || Bois éhoupé, déshonoré : arbre dont la cime est coupée. || Bois chablis, abattu par le vent. || Bois arsin, endommagé par le feu. || Bois exploité à part. Ségrais. || Bois défensables : arbres que leur hauteur met à l'abri de la dent des bestiaux. || Bois en défends, qu'il n'est pas permis d'abattre. Marmenteau. Dr. || Bois domaniaux, qui appartiennent à l'État ( Domaine). || Bois communaux. REM. Ces syntagmes désignent aussi l'espace boisé (au sens 1). || Bois de réserve, que les communes font exploiter périodiquement. || Droit de ramasser du bois dans la forêt. Affouage. || Bois de délit : arbres coupés en fraude. || Ramasser du bois mort. || Bois en coupe. || Une coupe de bois.
21 Le fripon qui me vola la moitié d'une coupe de bois, obtient de l'équité des juges un encouragement de 800 francs (…)
P.-L. Courier, I, 448.
22 Voilà l'enfant des chaumières
Qui glane sur les bruyères
Le bois tombé des forêts (…)
Lamartine, Harmonies, II, 1.
23 (…) deux antiques tilleuls cachent sous leur robe de verdure une telle quantité de bois mort qu'ils font aux souffles du vent un bruit étrange d'ossements heurtés.
Maupassant, la Vie errante, p. 54.
23.1 Il était important que ces bois fussent promptement coupés et débités, car on ne pouvait les employer verts encore, et il fallait laisser au temps le soin de les durcir.
J. Verne, l'Île mystérieuse, t. II, p. 769.
———
II (1165).
1 (Le bois; du bois… : non comptable). Matière ligneuse et compacte des arbres et de certains végétaux. Ligni-, xylo-.
a Emplois concrets. || Le tissu vasculaire du bois est formé d'une agglomération de cellules parallèles ou perpendiculaires à l'axe. Fibre, sève, vaisseau; rayon. || Formation du bois mise en évidence par une section transversale d'un tronc d'arbre. Assise (génératrice), aubier, écorce, cœur (bois de cœur). || Un bois sec, dur; vert, tendre; échauffé, malandre, pouilleux; piqué, pourri, rongé, spongieux, vermoulu. || Bois rongé par des champignons. || Bois artisonné, rongé par les insectes. Lignicole; gâte-bois, perce-bois.Les défauts du bois. Broussin, cadranure, frotture, gélivure, loupe, lunure, nœud, ronce, roulure.
24 Mais attends que l'hiver s'en aille, et tu vas voir
Une feuille percer ces nœuds si durs pour elle,
Et tu demanderas comment un bourgeon frêle
Peut, si tendre et si vert, jaillir de ce bois noir.
Hugo, les Feuilles d'automne, 26.
25 (…) les bois les plus durs sont ceux qui pourrissent le moins vite.
Flaubert, Correspondance, t. II, p. 386.
Morceau, pièce de bois. || Bout de bois (et fig.). Bout.
Loc. Dur comme du bois : très dur.
Classification des bois suivant leurs qualités. Essence.Bois feuillus : hétérogènes (zone poreuse). Châtaignier, chêne, frêne, micocoulier, mûrier, olivier, orme. || Bois homogènes, durs et lourds : bois de fer. Alisier (blanc, terminal), amandier, cerisier, charme, cormier, cornouiller, coudrier, érable, hêtre, mimosa, platane, poirier, pommier, sidérodendron. || Bois homogènes, tendres et légers ou bois blancs. Aulne, bouleau, marronnier, peuplier, saule, tilleul, tremble.Bois résineux. Cèdre, épicéa, genévrier, if, mélèze, pin, sapin.Bois exotiques. Acajou, amarante, 3. angélique, avodiré, balsa, buis, courbaril, ébène, filao, fraké, framiré, iroko, okoumé, palissandre, pitchpin, séquoia, sipo, teck. aussi Arbre.
(Franç. d'Afrique). || Bois rouge : bois d'œuvre dur, de couleur rouge (opposé à bois blanc).
b Loc. métaphorique et fig. Il n'est bois si vert qui ne s'allume : la patience a des limites.
Loc. Donner à qqn, recevoir une volée de bois vert, une sévère réprimande. — ☑ Vx. Charger qqn de bois, lui donner des coups de bâton.
26 Que le galant alors soit frotté d'importance !
— Crois-moi qu'il se verra, pour te mieux contenter,
Chargé d'autant de bois qu'il en pourra porter.
Corneille, l'Illusion, II, 8.
Il ne faut pas mettre le doigt entre le bois et l'écorce ( Arbre, cit. 36).
Faire flèche de tout bois : utiliser tous les moyens dont on dispose.
27 Desmarets ne savait plus de quel bois faire flèche; tout manquait et tout était épuisé (…)
Saint-Simon, Mémoires, 196, 127.
27.1 La frousse n'est pas une base solide pour l'acquisition d'une croyance religieuse, dit Hubert sévèrement.
— Oh, tu sais… Je suppose que Dieu n'y regarde pas de si près. Il doit faire flèche de tout bois.
Jean-Louis Curtis, le Roseau pensant, p. 227.
27.2 Faut-il vraiment faire flèche de tout bois pour ratisser le maximum d'hommages ?
Benoîte et Flora Groult, Il était deux fois, p. 164.
Toucher du bois : faire le geste superstitieux de toucher un objet de bois pour écarter quelque danger possible.
28 Il touche du bois quand il redoute quelque éventualité fâcheuse.
G. Duhamel, les Maîtres, XII.
De bois, en bois : impassible, insensible (dans des expressions).N'être pas de bois : ne pas manquer de sensibilité, de sensualité.Rester de bois, insensible.Qqch. qui laisse de bois ( Froid).Vx. N'être ni caillou ni bois.
28.1 Ces plaintes et ces serments le laissaient pourtant de bois.
R. Dorgelès, Tout est à vendre, p. 403.
29 (…) car une fille enfin n'est ni caillou ni bois.
Molière, le Dépit amoureux, III, 9.
30 Ah ! que je suis désolé Monsieur l'Inspecteur !… Vraiment !… Je vous fais mes excuses !…
Pas un mot… Du bois… Il le laisse dire…
Céline, Guignol's band, p. 112.
Tête (cit. 27) de bois : personne têtue.
Montrer un visage de bois, un visage fermé, froid. Visage.Avoir la gueule de bois : avoir mal à la tête, se sentir mal pour avoir trop bu. Gueule.
31 — J'ai un peu mal aux cheveux.
— Vous puez l'alcool !
— J'ai un petit peu la gueule de bois, c'est vrai.
Ionesco, Rhinocéros, p. 17.
Fam. Chèque en bois : chèque sans provision. — ☑ Langue de bois : discours, langage de propagande figé. Langue, cit. 45.2 et supra.
c (Mil. XIIIe). Techn., cour. || Le bois, matière utilisable.
Industrie du bois. || L'abattage du bois. Bûcheronnage, équarrissage, sciage. || Bois brut.Loc. Techn. || Bois carré, celui qui est équarri ( Dosse). || Bois de fente, obtenu en fendant l'arbre suivant le fil. || Bois scié, tranché.Outils servant à abattre le bois. Cognée, coin, ébuard, hache, passe-partout, scie, serpe. || Bois débité. Basting, bille, merrain, rondin, roule, roulon. || Bois mis en tas mesurés. Corde, cordée, pile, rôle, stère. Vx. || Cent de bois, pièce de bois (mesures) :
32 Un Cent de bois, chez les Charpentiers, c'est cent fois 72 pouces de bois en longueur, ou une pièce qui a douze pieds de long sur six pouces d'espaisseur et de largeur : de sorte qu'une seule poutre est souvent comptée pour quinze ou vingt pièces de bois. Tout le bois de charpente se réduit à cette mesure.
Furetière, Dict., art. Bois.
33 Vitruve dit qu'avant d'abattre les arbres il faut les cerner par le pied jusque dans le cœur du bois, et les laisser ainsi sécher sur pied.
Buffon, Expériences sur les végétaux, 2e mémoire.
Loc. fig. Abattre du bois : abattre beaucoup d'ouvrage. Spécialt. || Abatteur de bois.
Le transport du bois. Flottage, schlittage; radeau. || Train de bois. || Coupler un train de bois : assembler les pièces deux à deux. || Le dépècement d'un train de bois. Déchirage. || Bois flotté. || Bois canard. Canard. || Bois accroché au bord d'un cours d'eau. || Bois volant, amené directement au port par le flot.Au plur. || Des bois volants, flottants.
34 À une assez grande distance des terres, il faut, avant que d'entrer dans le Mississippi, se débarrasser des bois flottants qui sont descendus de la Louisiane (…)
G.-T. Raynal, Hist. philosophique…, XVI, 6.
Bois de chauffage, destiné à être brûlé, à servir de combustible. || Bois neuf, bois en grume : revêtu de son écorce. || Menu bois, gros bois, bois à brûler. || Bois de moule : coupé suivant une longueur donnée, pour être brûlé ( Billette, billot, bûche, bûchette, bourrée, brassée, charbonnette, cotret, fagot, falourde, fascine, margotin, moulée, rondin). || Faire, fendre, casser du bois. || Faire sa provision de bois. || Marchand de bois. || Mettre du bois au feu. || Le bois pétille ( Braise, tison). || Se chauffer au bois. || Un poêle à bois. || Cuisinière, chaudière à bois. || Pain cuit au four à bois, au bois.Réserve de bois. Bûcher. || Bois utilisé pour le chauffage. Branche, brin (brins mal venus), copeau, déchet, éclat (éclat de bois), éclisse, racine, sciure, souche. || Bois de boulange, servant à chauffer le four du boulanger.
35 Son hôte la menait tantôt fendre du bois (…)
La Fontaine, Fables, III, 8.
36 (Vous le trouverez) qui s'amuse à couper du bois.
Molière, le Médecin malgré lui, I, 4.
37 Le laboureur, quand il a besoin de bois, coupe une branche, et non pas le pied de l'arbre.
Voltaire, cité par Montesquieu, 1 note.
37.1 Bon mon garçon, dit-il à Harbert, si moi j'ignore le nom de ces arbres, je sais du moins les ranger dans la catégorie du bois à brûler, et, pour le moment, c'est la seule qui nous convienne.
J. Verne, l'Île mystérieuse, t. I, p. 43.
37.2 (…) pour préserver ces animaux (des moutons) de l'atteinte des insectes, ils les tenaient sous le vent de foyers de bois vert qu'ils alimentaient nuit et jour, et dont l'âcre fumée se propageait lentement au-dessus de l'immense marécage.
J. Verne, Michel Strogoff, p. 220-221 (1876).
38 (…) il dépensait un stère de bois et lésinait sur une allumette (…)
R. Rolland, Jean-Christophe, p. 847.
Loc. fig., vx. Remettre du bois : pousser à l'enthousiasme (argot de théâtre, XIXe).Loc. prov. Le bois tortu fait le feu droit : des moyens détournés permettent souvent d'atteindre un but honnête.Il n'est feu que de bois vert : l'enthousiasme est le propre de la jeunesse.Faute de bois, le feu s'éteint.
39 Faute de bois, le feu s'éteint; éloignez le rapporteur, et la querelle s'apaise.
Bible (Crampon), Proverbes, XXVI, 20.
(XVIe). Montrer de quel bois on se chauffe, de quoi on est capable (en matière de défense), souvent dans des formules de menace (à partir du XVIIe).
40 Vous verrez de quel bois nous nous chauffons lorsqu'on s'attaque à ceux qui nous peuvent appartenir.
Molière, George Dandin, I, 4.
40.1 Montrons-leur un peu de quel bois — inflexible et léniniste — on se chauffe chez nous.
Régis Debray, l'Indésirable, p. 251.
Conservation du bois. || On incorpore au bois des matières antiseptiques pour le conserver en le protégeant des agents destructeurs. || Traitement du bois par injection de coaltar, créosote, phénol, sels, sulfates. Empilage, étuvage, immersion, séchage, vieillissement, ventilation. || Bois injecté. || Bois amélioré, traité par imprégnation de lignine. Densification, lamellation.Bois déversé, qui a travaillé, qui est gauchi par l'action de la chaleur ou de l'humidité.
Distillation du bois. Carbonisation, cuisage; fumeron, fourneau, fraisil. || Produits de la distillation du bois. Acétone, acide (acide acétique), alcool (alcool méthylique), charbon, gaz, goudron.
Industries qui utilisent le bois (industries de la laine de bois, du papier, du pyroxyle, d'armes de guerre, de chasse). || Le travail du bois. || Le bois, matériau noble.Bois de construction, bois d'œuvre ( Assemblage, chantournement, charronnage, charpentage, corroyage, cubage, débitage, façonnage, montage, placage, traçage). || Débiter le bois ( Débillarder, dégauchir, dégraisser).Techn. || Bois de service. Madrier, panne, planche, poutre, solive. || Bois de menu service. Étai, poteau, traverse.Bois de charpente (chêne), de carrosserie, de charronnage (charme, cornouiller, frêne, orme, platane…), d'ébénisterie et de menuiserie (chêne, bois exotique, myrte, noyer, poirier…), de tournerie (buis, citronnier, cornouiller, genévrier, olivier, vigne…), de boissellerie (bouleau blanc, hêtre, saule), de tonnellerie (acacia, châtaignier, chêne, frêne…), de vannerie (osier, rotin…), de teinture (bois de campèche, bois rouge du Brésil, de la Colombie, de sapan [ Césalpinie], sumac).
Bois médicinaux : gaïac, salsepareille, santal (bois de), sassafras, squine. || Produits des bois résineux. Baume, gomme, résine, vernis. || Bois odorants : calambac, bois de santal. || Bois de Panama, qui a des propriétés analogues à celles du savon. || Bois puant. Anagyre. || Bois utilisés en aéronautique : bouleau, frêne, okoumé, spruce.
Loc. fig. Bois d'ébène : esclaves noirs (dans le contexte de la traite des esclaves). || Marchand, trafiquant de bois d'ébène.
(1243, en bosc). || De bois, en bois, construit en bois. || Construction en bois. || Un pont de bois. || Une maison de bois, en bois ( Chalet). || Une cabane en bois, faite de rondins. || Escalier, parquet en bois. Plancher.
40.2 Le sol est en bois ordinaire, noirci par la boue et de grossiers lavages, ainsi que les premières marches, seules bien visibles, de l'escalier.
A. Robbe-Grillet, Dans le labyrinthe, p. 55.
Objets en bois, de bois. || Volets de bois. || Un manche de pioche en bois. || Une canne de bois. Bâton. || Meubles en bois. Meuble; et aussi caisse, coffre. || Des sabots de bois. || Des semelles de bois.
40.3 Je me contentai de ces galoches, à semelles de bois, qu'on commençait à fabriquer.
S. de Beauvoir, la Force de l'âge, p. 518.
Bouchons en bois. Bonde, romaillet. || Une jambe de bois. || Cheval de bois. Cheval. || Une croix de bois. || Le bois de la croix de Jésus-Christ. || Un Dieu de bois. || Bon Dieu de bois ! (juron bénin). || Des idoles de bois.Par métonymie. Partie en bois; ce qui est en bois (→ ci-dessous, II., 2.).
41 Adorez-vous des dieux ou de pierre ou de bois ?
Corneille, Polyeucte, III, 2.
42 Vois comme tout nu sur la croix,
Victime pure et volontaire,
Les deux bras étendus sur cet infâme bois,
Jadis pour tes péchés je m'offris à mon Père.
Corneille, l'Imitation de J.-C., IV, 961.
43 Un Bûcheron venait de rompre ou d'égarer
Le bois dont il avait emmanché sa cognée.
La Fontaine, Fables, XII, 16.
44 On me jettera dans les charniers Saint-Innocent et on ne mettra sur ma fosse qu'une croix de bois (…)
Voltaire, Contes en vers (Préface signée Catherine Vadé).
Sculpture sur bois. || Sculpture en bois d'olivier.
Loc. Déménager à la cloche de bois.
Être du bois dont on fait les flûtes : être accommodant jusqu'à la complaisance.Être du bois dont on fait les généraux…, avoir les qualités qu'exige cette fonction.
45 C'est après la trentaine qu'on peut voir si un gars est du bois dont on fait les militants : quand il faut renoncer à avoir une famille, un nom, un métier.
Régis Debray, l'Indésirable, p. 77.
Loc. Mar. anc. Tirer en plein bois, dans la coque.
2 a Le bois de… : partie en bois (d'un objet). || Le bois d'une pioche. Manche. → ci-dessus, cit. 43. || Le bois de la croix.Le bois d'une raquette, manche et cadre. — ☑ (1925). Loc. Faire un bois : frapper la balle avec le bois, le cadre.
Loc. Casser du bois : endommager un avion, à l'atterrissage.Fam. (argot des taxis). Endommager son véhicule.
b (1426, bos de lit). Un bois, des bois. Objet en bois.Un bois de lit : cadre de bois d'un lit, supportant le sommier.Les bois d'un navire. || Bois droits, bois courbants, bois tors.
(1929). Sports. || Les bois : les poteaux du but. || Défendre ses bois.
Bois de justice : la guillotine.
Argot anc. Au plur. Meubles (Dorgelès, les Croix de bois, p. 423). || Être dans ses bois, dans ses meubles.
Techn., vx. Parties en bois qui servent à garnir une forme, en imprimerie.
c Régional. || Un, des bois : partie végétale lignifiée.(Suisse). Vitic. Sarment, pampre.
d (Afrique noire). || Un bois : un arbre.
Un morceau de bois; un bâton. || Taper avec un bois.
3 (V. 1375; par anal. avec les branches du bois). || Le bois, du bois (vieilli); les, des bois (plur.) : cornes des cervidés (cerf, chevreuil, daim, élan, renne). Andouiller, cor, dague, empaumure, merrain, ramure, revenue. || Les mâles seuls portent des bois, sauf chez les rennes.
46 Comme un vieux cerf dans une forêt porte son bois rameux au-dessus des têtes des jeunes faons dont il est suivi (…)
Fénelon, Télémaque, V.
Loc. ig. Une femme qui fait porter du bois à son mari, qui lui est infidèle (par allusion à l'image populaire des cornes ornant le front des maris trompés).Il lui a poussé du bois : sa femme l'a trompé.
47 (Il pourrait bien) Charger de bois mon dos comme il a fait mon front.
Molière, Sganarelle, 17.
48 Leurs maris ont leur provision de bois sans aller la chercher sur le port (…)
A. Furetière, le Roman bourgeois, I, 107.
4 (1866). (Un, des bois). Gravure sur bois. || Bois du XVIe siècle ornant une édition.
49 (…) l gagnait son pain comme tous les graveurs, en exécutant des bois pour des publications illustrées.
Zola, Paris, t. I, p. 202.
5 (Un, des bois). Instrument à vent de la famille constituée par la flûte, le hautbois, la clarinette, le cor anglais, le basson (les bois). || Les bois et les cuivres.
DÉR. Boiser, boiserie, boiseaux. — Cf. aussi les éléments ligni- et xylo-, du lat. et du grec.(De bosc, forme dial.) V. Boqueteau, boquillon, bosquet, bouquet.
COMP. Déboisement, déboiser, reboisement, reboiser. — Mort-bois, sainbois, sous-bois.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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